Sens de la vie

Spinoza tient-il sa promesse de joie ?


Par Jean-Luc Martin-Lagardette

Dans le livre que je viens de rédiger, j’explore, émerveillé, les fondements du succès toujours actuel des thèses de ce grand philosophe. Séduit, je ne me départis pas pour autant de mon esprit critique. Et propose quelques aménagements susceptibles de rendre sa pensée plus opérante/accessible/universelle.

Mon livre n’est pas un livre « sur » Spinoza, mais un livre « à partir » de Spinoza, avec, en miroir, une thèse existentielle originale et claire. Il n’est ni un traité savant, encore moins un règlement de comptes, ni non plus une hagiographie, comme il en existe déjà beaucoup. C’est une enquête philosophico-spirituelle sur la promesse de joie chez Spinoza et sur ce qui, en elle, libère les esprits… ou échoue à le faire.

Malgré son impitoyable fatalisme, la philosophie de Spinoza prétend déboucher sur la joie par la compréhension que tout est décret de Dieu. Je décortique les définitions et les arguments du philosophe pour en pénétrer la logique mais aussi pour en déceler les failles et les contradictions.

Négation du mal

Son déterminisme absolu, son refus de la transcendance et sa négation de la liberté humaine ainsi que du mal m’avaient interpellé : je ne comprenais pas comment, dans les conditions qu’il décrit, on pourrait atteindre la béatitude.

Engagé dans une quête incessante de l’amour, de la joie, de la liberté et de Dieu, j’ai voulu vérifier la faisabilité de son « système ».

J’admire ce philosophe atypique, mais, en fin de compte, je trouve sa joie lacunaire. J’ai voulu comprendre en quoi.

Mon livre s’adresse à ceux que le philosophe hollandais fascine autant qu’à ceux qu’il inquiète ou, pire, révulse. La pensée spinoziste y est expliquée, décortiquée, interrogée dans ses moindres recoins.

Plus d’humanité

Je suis descendu dans le détail de ses concepts et de sa logique. Et j’ai sondé l’âme du penseur pour tenter de percer le secret de sa « magie ». J’ai ainsi été conduit à pointer les forces mais aussi le incohérences du système, sans complaisance ni caricature. Et à saisir pourquoi la joie ne peut pas être seulement une compréhension impersonnelle (« amour intellectuel de Dieu »). Spinoza libère de beaucoup d’illusions, certes, mais il élude l’amour interpersonnel et borne la liberté. Sa joie, tangible et fascinante dans son Éthique, est cependant chèrement payée par un gel de la sensibilité.

Pour tenter d’y remédier, après m’être imprégné de la puissance et de la beauté de cette philosophie, j’ajuste quelques paramètres de son projet avec l’espoir de lui procurer encore plus de grandeur et d’universalité.

Et plus d’humanité !

> Le livre est en cours de fabrication chez l’éditeur. Il devrait être disponible au printemps prochain. Je révélerai son titre dès le premier tirage.

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