J’aide une « blessée de l’info » à faire publier un droit de réponse dans un quotidien

Les personnes et les groupes discriminés (spiritualité, médecines douces…) sont pris fort au dépourvu quand ils se trouvent tout d'un coup victimes de maltraitance médiatique. Voici comment je mets mon expertise journalistique à leur service.

Dans un article paru le 5 avril 2018, le quotidien l’Aisne Nouvelle dénigre le Cercle des Amis de Bruno Gröning (CABG), le présentant comme « secte avançant masquée », selon le fantasme habituel. Cela, simplement parce que cette association annonçait une conférence sur la guérison spirituelle selon l’enseignement de ce guérisseur allemand du milieu du siècle dernier.

Bruno Gröning, guérisseur spirituel allemand, mort à Paris en 1959.

A cause du bruit formé autour de l’article, la conférence a carrément été annulée par la communauté d’agglomération, propriétaire du bâtiment où devait avoir lieu l’événement. Un pur acte de censure, selon moi, motivé par l’habituelle calomnie de la Miviludes qui considère, sans autre forme de procès de procès, que la « dérive sectaire est absolue » dans le cas de ce mouvement.

Personne ne va remettre en cause la parole d’un organisme interministériel, même si cette parole est totalement arbitraire, dénuée de définition juridique et controuvée !

La correspondante locale du mouvement m’a demandé si je pouvais l’aider. Voici le Droit de réponse que j’ai conçu pour elle, et qui est paru le jeudi 7 juin dans ce journal. Bien évidemment, le journal, légalement obligé de le publier puisqu’il respectait les critères, l’a présenté sous sa forme la plus épurée possible, sans même la référence au contenu de l’article déclencheur (je le retranscris pour en faciliter la lecture) :

« M. le Directeur de l’Aisne Nouvelle,

Dans un article publié dans votre édition du 5 avril 2018, sous le titre : « La conférence annulée cachait-elle une secte ? », votre journaliste M. de Saint-Riquier me cite nommément. Etant ainsi parfaitement identifiée, la loi m’octroie le droit à une réponse dans votre journal.

Je souhaite donner les précisions suivantes :

1.­– L’association le « Cercle des Amis de Bruno Gröning » (CABG), organisatrice de la conférence prévue le 16 mai 2018 à l’espace Créatis et annulée par la communauté d’agglomération, propriétaire de la salle, n’a nullement cherché, contrairement à ce qu’écrit votre journaliste, à « se cacher ». Tout a été fait au grand jour, comme le prouve amplement la photo d’annonce de la manifestation que vous publiez en illustration de votre article.

2.– L’association CABG est une association loi 1901 légalement inscrite au Journal Officiel. Jamais condamnée pour ses activités, elle n’a jamais été interdite ni dissoute et bénéficie dans leur plénitude des mêmes droits républicains que toute autre.

3.– Le discrédit jetée sur elle par votre article tient au fait d’être « épinglée » par la Miviludes, que votre journaliste cite, un organisme d’Etat qui se permet de mettre au pilori des mouvements qui « dérangent ». Si votre journaliste avait voulu renseigner loyalement vos lecteurs, il se serait renseigné sur le fonctionnement de ce ministère particulier. Il aurait appris qu’il jette des anathèmes sur des groupes sans que leur dossier n’ait été étudié à charge et à décharge, sans les écouter et en refusant d’apporter les rectifications nécessaires, sauf quand la Justice l’y contraint, comme deux décisions récentes l’ont montré (arrêt fasciathérapie du 07/12/17 et médecine anthroposophique du 28/04/18). De ce fait, les règles du débat démocratique sont faussées, car qui oserait croire qu’une instance d’Etat, qui plus est placée auprès du premier ministre, puisse se comporter de façon aussi partiale, arbitraire et discriminatoire ?

4.– Le CABG est un mouvement ouvert et généreux qui s’efforce de faire bénéficier les gens qui souffrent des pouvoirs de la prière. Rien de criminel ! Et cela d’autant moins que ses membres sont bénévoles, que la liberté de penser, d’aller et venir en son sein est totale et que l’argent n’a cours que pour régler les charges indispensables à toute activité sociale.

5.– Outre la stupeur et la douleur d’être ainsi mise au pilori, la parution de votre article a déjà eu des répercussions très dommageables sur mon environnement personnel. Sans doute même sont-elles irréparables. Au moins cette mise au point permettra à tout lecteur osant penser par lui-même de prendre de la distance avec ces accusations de « secte » apposées sur le CABG comme sur d’autres communautés, à l’instar de certaines étoiles de sinistre mémoire. »

> L’article d’origine.

> Le droit de réponse.

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