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Quinze ans de loi About-Picard : coup de projecteur sur la « manipulation mentale »

Pour « fêter » les 15 ans de la loi sur les « mouvements sectaires » (loi About-Picard), nous avons voulu apporter un éclairage original sur son concept central, l’emprise mentale, nommée juridiquement « abus de faiblesse de personne en état de sujétion psychologique ou physique ».

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Au 10e anniversaire de la loi. De gauche à droite : Philippe Vuilque (Groupe d´études sur les sectes/Assemblée nationale), Catherine Picard (présidente Unadfi et co-auteure de la loi anti-sectes de 2001), Geogres Fenech (président Miviludes), Alain Gest (député, rapporteur de la commission d'enquête 1995) et André Fédéric (député fédéral belge, intiateur d´une loi contre les sectes inspirée de la loi française). Photo : Ouvertures.

En fait, « l’état de sujétion psychologique » n’existe pas. Cette formulation a été employée pour éviter les termes de « manipulation mentale ». C’est un crime inventé de toutes pièces par le législateur français le 12 juin 2001 pour pouvoir agir contre ce qu’il appelait alors les « sectes » ou les « mouvements sectaires » sans que ceux-ci aient rien judiciairement à se reprocher.

Ce crime n’a absolument aucun fondement scientifique et constitue une escroquerie sur le plan philosophique. C’est ce que nous allons développer dans cet article.

Cet énorme scandale judiciaire et humain, la société l’a pourtant facilement accepté et en nourrit même constamment le fantasme.

Énorme duperie

danger sectes

Produit iconographique typique du fantasme "antisecte" français qui recouvre la plupart du temps une peur ou une haine de la spiritualité.

Les médias sont au troisième rang des instigateurs de cette énorme duperie derrière le gouvernement (parlementaires, Miviludes, ministères) et les innombrables lobbies de l’intolérance spirituelle et thérapeutique : Unadfi, CCMM, Gemppi, Sentinelle, Vigisectes, Prévensecte, PsyVig, Conseils de l’ordre des médecins et de la pharmacie, etc.

Avant d’apporter la lumière sur cette incrimination nouvelle dans le droit français, une précision importante. Nous ne nions pas qu’il y ait des dérives dans certains groupes religieux ou de la part de praticiens des médecines non conventionnelles. Ces dérives occasionnent des préjudices et des souffrances que la société se doit de repérer, de sanctionner et d’empêcher.

La société doit s’organiser pour ce faire, notamment en créant des lieux d’écoute des victimes éventuelles liés à des procédures de médiation (et non d’inquisition comme aujourd’hui). Les actions de répression ne devraient intervenir que dans un deuxième temps.

Ensuite, cette organisation doit toucher tous les secteurs de la société (entreprises, partis, religions, associations mais aussi familles) et non seulement les mouvements dits « sectaires », cette spécification constituant déjà à notre sens une discrimination interdite pourtant par la loi.

Gardiens du système matérialiste

Il n’était nullement nécessaire de concevoir une loi ad hoc « antisecte », comme cette loi About-Picard du 12 juin 2001 qui crée précisément la notion de sujétion mentale. Ce texte a quand même vu le jour car les « gardiens du système » matérialiste[1] avaient besoin de pouvoir condamner des personnes ou des groupes qui n’avaient commis d’autre délit que celui de penser, soigner, éduquer « autrement ».

Ces forces conservatrices ont réussi à faire admettre cette idée absurde que les personnes qui se convertissent, qui épousent une pensée différente de la leur, ne peuvent le faire que contraintes et forcées, et dépossédées de tout libre arbitre par les « sectes ». Mais comme le droit interdit de discriminer n’importe quel groupe humain, le terme de « secte » a dû être abandonné.

C’est alors que le génie administratif français a inventé le terme de « dérive sectaire », même s’il n’a pas pu lui donner de définition juridique foncière. Il s’est contenté de le caractériser par l’addition d’un certain nombre de critères pratiques, comme les « techniques propres à altérer le jugement pour conduire les personnes à un acte gravement préjudiciable pour elles ».

Qui veut noyer sa « secte »

Cela favorise tous les abus de pouvoir contre des personnes ou des groupes actifs. En effet, le gouvernement ou la justice peut à loisir se choisir une cible et l’accuser de dérive sectaire. N’importe quel comportement peut être considéré comme technique propre à altérer le jugement. Il n’existe pas d’échelle scientifique pour distinguer entre l’influence, le charisme, l’empire, l’ascendant, l’autorité, la pression, la domination, le magnétisme, etc.

Quand on veut noyer sa « secte », il suffit de parler d’emprise et le tour est joué ! Tout le monde alors prend peur, se scandalise et applaudit à la répression.

Tout le monde a peur parce que tout le monde croit au fantasme de la « captation de la pensée » par autrui. Cette locution se trouve textuellement dans des jugements pour dérive sectaire.

"L'instance qui choisit"

La captation de la pensée par un mouvement quel qu’il soit est un fantasme car il est impossible d'atteindre de l'extérieur "l'instance qui choisit" à l'intérieur d'autrui. Il est impossible non plus de distinguer de l’extérieur la frontière entre consentement légitime et consentement illégitime d’une personne à une idée. Il y a tellement de paramètres (psychologiques, moraux, politiques, sociaux, philosophiques, religieux, etc.) à prendre en compte !

De même, et surtout, nul ne peut être dépossédé de son libre arbitre. Il peut le déléguer, l’abandonner, le faire dépendre d’autrui, oui. Mais c’est un acte de sa part, un acte sur lequel il peut toujours revenir, pour peu qu’il reprenne conscience des choses. Ôter cette responsabilité à un individu, ce que fait la justice quand elle consacre une victime d’emprise mentale, c’est l’assassiner philosophiquement et spirituellement. Car il lui est alors impossible de retrouver totalement son autonomie intérieure, celle-ci lui ayant été rendue « de l’extérieur » et n’ayant pas été reconquise par elle-même. Seul moyen pourtant d’épanouir pleinement son humanité.

[1] Ce système comprend également des représentants des religions « reconnues » qui cherchent à protéger leur pré carré.

2 réflexions au sujet de « Quinze ans de loi About-Picard : coup de projecteur sur la « manipulation mentale » »

  1. Prurit

    Ben disi donc..lmaginons qu’une secte ait des lois qui conseillent aux maris de battre leurs femme,.d’en avoir plusieurs ,de les cacher sous un drap noir pour les faire échapper à la concupiscence des mâles ,que ces mâles aient comme chef de file un gourou qui a eu des relations sexuelles avec une petite fille de 9 ans ,qui a tué ,pillé et mis e, esclavages des êtres qui ne pensaient pas comme lui…etc…etc..et pour couronner le tout conseille de tuer tout adepte qui le renie,et de gagner le paradis en tuant le maximumde non croyants a ce nouveau concept ..
    Et quel paradis ..un paradis ou des vierges contaminent renouvelés servent de réceptacles à ces mâles pour l’éternité .bref ,le para dis :un lupanar à l’infini …
    Vous ne croyez pas que cette secte serait tuée dans l’oeuf,par les autorités anti sectes????

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