Tribune libre

Les « sectes », si seulement nous les avions laissé tranquilles !

Ah ! Si seulement nous avions laissé tranquilles les « sectes », aujourd’hui notre vie serait plus colorée et bien plus drôle. Et les jeunes en quête d’idéal seraient certainement moins tentés par les massacreurs islamistes.

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Paul Vinel.

Par Paul Vinel

Aujourd’hui nous croiserions dans nos rues des dévots de Krishna en robe safran, une touffe de cheveux au milieu de leur crâne rasé, agitant une petite clochette et psalmodiant sans fin « Hare Krishna, Hare Krishna,… ». Pour nous déplacer, plus besoin de moyens polluants, juste monter sur notre tapis volant, installés dans la plénitude transcendantale, planant au-dessus des encombrements et des turbulences de la vie. Les adeptes des Elohim, vêtus des couleurs de l’arc en ciel, nous initieraient aux charmes de la méditation sensuelle et nous inviteraient à voyager dans les étoiles. Et bien d’autres…

Ah ! Si nous avions laissé tranquilles les sectes, aujourd’hui notre vie serait plus colorée et bien plus drôle. Surtout nous entendrions moins des « Allahou Akbar », et davantage des « Alléluia, Dieu tout puissant ». Parce qu’à la question inquiète des jeunes en recherche, « quel avenir pour nous, quel sens à notre vie ? », les amis de Jehova, Bible sacré à la main, auraient répondu, la main sur le cœur et avec la foi du charbonnier : « le Paradis sur Terre », et leur auraient enseigné la non-violence et l’amour du prochain.

Quelle tranquillité aujourd’hui cela serait ! Mais cela n’est pas.

Les adorateurs de la déesse Raison rejettent le sacré et le divin qu’ils ne comprennent pas, et les qualifient de balivernes et de superstitions. Ils se sont opposés avec force à toutes les sectes, petites ou grandes, bonnes ou moins bonnes. Et dans leur volonté de les éradiquer, ils ont leurré le peuple de France, ont mobilisé tous les média à leur service, les utilisant comme armes de manipulation massive, et ils ont fait voter des lois discriminatoires. Les sectes ont été privées de parole, discréditées, réduites à se taire.

Mais en même temps, à la question des jeunes en quête d’idéal, « quel avenir pour nous, quel sens à notre vie ? », les adeptes d’un islam violent et conquérant ont répondu : « l’Enfer sur la Terre et le Paradis d’Allah aux massacreurs ! » En l’absence de toute autre réponse, face au silence de nos responsables politiques, ces jeunes remplis d’énergie et avides d’action les ont crus et les ont suivis !

Aujourd’hui, notre société humaine est confrontée à des crises d’une extrême gravité. La plus grave sans conteste est la pollution généralisée qui met en danger la survie même de notre humanité. La seconde crise est l’augmentation constante du chômage. Certains pour la juguler proposent d’augmenter encore la consommation au risque d’aggraver davantage encore la pollution. Enfin la troisième crise concerne tous les conflits armés dans le monde, et plus récemment l’apparition et l’extension du terrorisme islamique. Désormais il n’existe plus d’endroit dans le monde où la paix et la tranquillité soient assurées.

Parce que toute occupée à améliorer le confort matériel des individus, notre société a largement négligé les aspects religieux et spirituels de l’existence. « Dieu est mort » entendions-nous. Et quand les terroristes islamistes ont crié « Allahou Akbar », gloire à Dieu, cela a été la sidération, un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Que des anges de la mort rendent gloire au Créateur de toute vie, et voilà toutes nos valeurs fondamentales sens dessus dessous. Les cycles de vie et de mort se suivent et s’enchainent, mais Dieu, lui, ne meurt jamais. Il est l’Eternel Présent. Nous avons voulu l’éliminer en interdisant sa présence dans les écoles, mais il s’est juste manifesté ailleurs avec encore plus de force. Et s’il faut regretter une seule chose, c’est justement cette absence de Dieu dans nos écoles : à cause d’elle nos écoliers sont des ignorants en religions, incapables de faire la différence entre une doctrine intolérante et haineuse, et une doctrine d’amour respectueuse des convictions des uns et des autres. Il est urgent que Dieu retrouve sa place dans toutes nos écoles. Il est urgent d’éduquer tous nos enfants au fait religieux et de former leur capacité de jugement afin de leur permettre des choix éclairés.

Le développement foudroyant du terrorisme islamique a démontré que des individus étaient capables de tout abandonner pour poursuivre un rêve, le paradis d’Allah, rêve utopique et criminel certes, mais rêve assez fort pour les mettre en action. Parce que la nature humaine ne se satisfait pas seulement du simple confort matériel, elle aspire aussi à une vision transcendante de son passage sur Terre, elle aspire à dépasser sa seule constitution matérielle, elle aspire à une vision supra-matérielle de soi-même. Le Général de Gaulle avait bien compris ce besoin inné de transcendance pour chacun. Ce pourquoi aux français, il parlait de « la grandeur de la France ». Depuis nous avons oublié. C’est la force des islamistes d’avoir pris conscience de ce besoin vital enfoui en chaque individu et d’avoir su l’utiliser dans leur funeste projet. La guerre qu’ils nous ont déclarée n’est pas seulement militaire, elle est également une guerre des idées, des croyances et des valeurs, une guerre religieuse et spirituelle en somme.

Mais qui a les capacités pour les affronter sur ce nouveau champ de bataille ?

Un contre-discours à la propagande islamiste est urgent à mettre en place. Les islamistes ont eu l’idée géniale d’appuyer leur discours sur « la volonté d’Allah », autorité suprême et difficile à contrecarrer. Nos dirigeants n’ont jamais été formés au langage religieux. Ils sont incapables d’élaborer une doctrine basée sur de tels concepts. De même les groupements athées ou laïques : la plupart d’entre eux ont les religions en horreur, le langage religieux les indispose. Les religions officielles ont elles des arguments à faire valoir : c’est leur rôle. Mais elles ont également des problèmes à résoudre : leur audience a largement diminué et leur message devient dès lors inaudible. Même les autorités musulmanes peinent à élaborer un contre-discours et à se faire entendre. Leurs divisions internes et les interprétations multiples du Coran en sont la cause.

Restent cependant les minorités de conviction : celles-là même que nous avons refusé d’entendre. Largement décriées et dénigrées ces dernières années, accusées d’être sectaires, elles se sont forgées une identité dans l’adversité. Prosélytes, le langage religieux et les controverses leur sont familiers. Elles comportent des individualités brillantes, sont très diverses et proposent des réponses concrètes à de nombreuses questions existentielles. Elles offrent des perspectives à tous ceux qui recherchent une transcendance, un sens à leur vie au-delà du simple confort matériel. Longtemps reléguées sur le banc de touche, leur motivation à convaincre est grande. En pays musulman, certaines ont amené des musulmans déçus à les rejoindre. En prison, l’initiation à la méditation a permis la diminution de la violence et des récidives. Les minorités de conviction peuvent apporter beaucoup à notre société dans sa lutte contre la violence et la haine. Il est plus que temps de comprendre qui elles sont vraiment, d’étudier leurs diverses propositions, de voir comment les intégrer dans une stratégie globale.

Le temps n’est plus de subir passivement la violence, il faut mettre un terme aux actions terroristes. La guerre qui nous est imposée est d’ordre religieux : vouloir nous imposer un islam rigoriste par tous les moyens imaginables. Les actions militaires et policières sont certes indispensables, mais elles ne peuvent éradiquer à elles seules l’idéologie totalitaire sous-jacente.

Seuls un discours religieux et des outils spirituels peuvent permettre ce résultat.

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