Le journaliste idéal

» Vérité Objectivité Information


Un journaliste idéal, pour offrir à ses lecteurs une information fiable, fonderait son travail sur les principes suivants, suggérés ici les uns après les autres sans hiérarchie particulière :

- se connaître soi-même

- se méfier des évidences (se méfier de sa confiances comme de sa méfiance)

- travailler sur ses propres représentations, présupposés, croyances, illusions, etc.

- se perfectionner dans la pratique professionnelle

- connaître concrètement les milieux étudiés

- s’en tenir au fait. Au moins, séparer la description du fait de son commentaire, de son interprétation

- être impartial. Citer l’ensemble des faits sans en dissimuler certains au profit d’autres (intégralité)

- rechercher le bien commun

- surtout (à l’image du serment d’Hippocrate pour les médecins) ne pas nuire (ni à la société, ni à l’individu)

- savoir synthétiser sans trahir

- définir, rendre compte du contexte (il est facile, en sortant une information de son environnement, de la logique des faits qui l’ont motivée, de dénaturer totalement, voire d’inverser sa signification)

- multiplier les témoignages (ne jamais s’en tenir à une seule source d’information)

- donner toutes les explications possibles

- aller chercher l’information à sa source (ne pas se contenter des rumeurs ou des informations de seconde main)

- n’avoir ni une confiance aveugle ni une méfiance systématique dans les institutions, les spécialistes ou les experts

- toujours prendre aussi l’avis d’une personne ou d’un groupe mis en cause

- rechercher le plus possible les contre-expertises ou expertises complémentaires

- avoir une attitude d’ouverture permanente à l’égard des hommes et des faits

- garder l’esprit critique (ce qui ne veut pas dire être désabusé, indifférent ou nihiliste)

- traduire dans un langage simple, accessible au plus grand nombre (effort pédagogique)

- donner aux autres les moyens de se faire une idée plutôt que vouloir à tout prix donner son idée aux autres. Refuser à jamais d’avoir une opinion a priori.

- prendre le temps de tester, de vérifier ce qu’on vous dit (recouper les sources)

- présenter les informations incertaines au conditionnel

- ne pas confondre enquête journalistique et enquête d’instruction judiciaire

- développer son intuition

- ne jamais prophétiser

- ne pas se laisser acheter par des faveurs ou des cadeaux

- oser dire la vérité, si possible sans blesser

- être soi-même le plus indépendant possible pour se mettre à l’abri des pressions de toutes sortes

- tenir autant compte de l’intérêt général que des intérêts particuliers

- savoir ne pas se limiter à une seule spécialité

- rester ouvert (ne pas juger) même devant l’incompréhensible

- ne pas craindre voire rechercher la critique sur ses productions et corriger facilement ses erreurs

- etc.

 

En conclusion, nous dirons qu’il n’est pas possible de faire du bon journalisme sans aimer les gens. Ce qui inclut la nécessité d’être franc avec eux.

 

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