Désintox toxique

Aluminium dans les vaccins : l’AFP introduit des fake news dans son « fact-checking »

En affirmant l’innocuité de l’aluminium dans les vaccins, l’Agence France Presse ignore les études qui disent l’inverse. Des spécialistes de la toxicité de l’aluminium vaccinal répondent.

Face aux fake news qui pullulent sur le Net, plusieurs médias d’information ont ouvert des rubriques dites de « fact-checking » (vérification des faits) ou de « désintox », comme « Vrai ou Fake » sur France Info, ou les « Décodeurs » du Monde. L’objectif est de débusquer les erreurs, fausses affirmations ou mensonges diffusés essentiellement sur les réseaux sociaux. Voulant apparaître comme professionnels et compétents, ils espérent reconquérir une fiabilité au plus mal dans les sondages.

Malheureusement, ils tombent souvent eux-mêmes dans les travers qu’ils dénoncent.

Un exemple flagrant, qui illustre la facilité avec laquelle ils prennent leurs préjugés pour des vérités. Et qui contribue à augmenter d’autant la méfiance dont ils sont l’objet.

Tout le monde connaît l’AFP, l’agence de presse nationale qui alimente en nouvelles la plupart des journaux, télés et magazines. Ceux-ci ont en elle une confiance aveugle, publiant souvent ses communiqués sans même y changer une virgule. 

Depuis quelque temps, l'agence a ouvert une rubrique de "fact-checking".

Or l’AFP n’est pas exempte de fake news. Ainsi, elle a analysé récemment un texte sur l'aluminium dans les vaccins qui a beaucoup de succès sur la Toile. L’agence conclut que « [ce texte] contient un certain nombre d'affirmations erronées sur l'aluminium dans les vaccins, qui serait "toxique" et rendrait les vaccins qui en contiennent "mortifères". Ces allégations, fréquentes dans le discours anti-vaccinal, sont fausses, comme le montrent des décennies d'usage de cet adjuvant et de nombreuses études, les doses présentes dans les vaccins étant infimes et inférieures aux limites légales. »

Introduction rédigée par l'AFP dans son article de "vérification".

 

 

 

 


Affirmant que l'aluminium dans les vaccins est « un adjuvant utilisé sans danger depuis des décennies », l’AFP prend parti et ignore les allégations inverses.

Pour appuyer sa démonstration, elle se base sur une étude récente (JP Goullé et L. Grangeot-Keros) qui innocente complètement l’aluminium aux doses utilisées dans les vaccins.

Mais, ce faisant, elle écarte tout simplement des recherches qui disent le contraire. Elle produit la fake news selon laquelle l’aluminium dans les vaccins est « sans danger », alors qu’il n’y a pas consensus sur ce point.

En effet, des spécialistes de la toxicité de l’aluminium vaccinal (Guillemette Crépeaux, Romain Gherardi, Jérôme Authier, Lluis Lujan, Christopher Exley) ont rédigé une réponse à l’éditeur de cette étude, la revue Médecine et maladies infectieuses : « Dans leur récente revue consacrée à l’aluminium et aux vaccins », JP Goullé et L. Grangeot-Keros ont présenté des connaissances générales sur la toxicité, la cinétique et l'exposition à l'aluminium (Al), mais ils ont fait très peu d'efforts pour traiter les questions scientifiques spécifiquement liées aux adjuvants Al dans les vaccins. Ce sujet, au lieu de représenter l'essentiel de leur revue, ne couvrait pas plus d'un tiers du texte de 3 pages. De nombreux articles importants ont été ignorés, en fait 20 années de publications scientifiques d’études cliniques, post-mortem, in vitro et in vivo, publiées par des équipes de recherche indépendantes composées d’experts mondiaux du domaine, ont simplement été oubliées [je souligne]. »

L’éditeur a refusé de publier cette réponse qui a pu, heureusement, paraître dans une autre publication, le Journal of Trace Elements in Medicine and Biology.

« Le refus manifeste de débattre sur cette question en invoquant des justifications telles que "des polémiques irrationnelles" et "personne ne peut remettre en question la sécurité des sels d'Al contenus dans les vaccins", écrivent les auteurs victimes du refus de publier, n'est pas acceptable de la part de scientifiques. Le débat scientifique doit toujours être encouragé, en particulier sur un sujet où les études de sécurité à long terme font notoirement défaut tant chez les adultes que chez les enfants. Nous estimons qu'une question aussi cruciale pour la santé publique que la sécurité des vaccins, dont dépend une couverture vaccinale optimale, mérite plus qu'une publication subjective d'opinions personnelles mal documentées et devrait être traitée à la lumière de toutes les études scientifiques disponibles, de manière objective, rigoureuse et honnête ».

Dommage que l’AFP, dans sa volonté, légitime, de rectifier les erreurs circulant sur le Net, fasse elle aussi l’impasse sur ces « 20 années de publication scientifiques ».

L'association E3M, qui parle de « censure » à propos de la revue qui a refusé de publier la rectification de la 2e étude, appelle les médias à plus de responsabilité : « Face aux fausses informations qui circulent, et quels qu’en soient les auteurs, la presse doit retrouver sa capacité scientifique critique. Elle ne peut apporter sa caution à ce vaste "enfumage" de nos sociétés ».

One thought on “Aluminium dans les vaccins : l’AFP introduit des fake news dans son « fact-checking »

  1. ANDRÉ Pierre

    Analyse par le Dr Michel de Lorgeril, d’une étude chinoise en double aveugle comparant des vaccins avec et sans aluminium.
    Cette étude [1] a été́ réalisée en Chine lors de l’épidémie de grippe H1N1 en 2009 sur un échantillon significatif (12 691 participants), avec tirage au sort et en double aveugle.
    Il apparait évident que la présence d’alu dans la seringue augmente considérablement la fréquence des effets adverses, ce que les chercheurs chinois se gardent d’ailleurs de souligner… Ces études ne sont certes pas définitives, mais leurs conditions sont quasi parfaites.

    Source : Revue Néosanté n°89 de mai 2019
    [1] Safety and immunogenicity of 2009 pandemic influenza A H1N1 vaccines in China: a multicentre, double-blind, randomised, placebo-controlled trial. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20018364

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