Vers un « permis de conduire » journalistique ?

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, veut harmoniser les critères de reconnaissance des formations, qui forment un ensemble hétéroclite, entre le ministère et la profession. Et la question d´un « permis de conduire » journalistique (sorte de passeport professionnel) va être étudiée.

 

Valérie Pécresse.

Photo : Damlamian

Selon les dernières statistiques de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), seuls 14,8 % des journalistes accédant à la profession sortent d’une école reconnue. Treize formations sont reconnues par l´Etat et la profession sur une centaine de formations existantes proposant des cursus parfois très éloignés du référentiel de formation établi par les partenaires sociaux.

 

Employeurs, organisations syndicales, organismes paritaires, écoles reconnues par la profession, chercheurs et représentants des ministères concernés par la question de la formation de journalistes se sont retrouvé le 30 septembre dernier à Paris pour la première Conférence nationale des métiers du journalisme.

 

Valérie Pécresse a dit vouloir engager « un travail vers plus de cohérence entre les critères de reconnaissance de la profession pour la formation initiale des journalistes et ceux sur lesquels veille le ministère de l’enseignement supérieur dans la filière universitaire ». 

 

La Conférence des métiers du journalisme

 

L’idée d’organiser régulièrement une Conférence nationale des métiers du journalisme est née des États Généraux de la presse écrite dont les travaux se sont terminés en janvier 2009. A l’initiative des treize écoles de journalisme reconnues par la profession, la première édition s’est tenue les 29 et 30 septembre au ministère de l’enseignement supérieur et de la eecherche, à Paris. Elle était organisée en partenariat avec la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (Cpnej) et sous le parrainage du ministère de la culture et de la communication, du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et du secrétariat d’État à l’emploi.

 


Frédéric Mitterrand.

Photo : AID

Ce processus, a indiqué Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, dans son discours de clôture, doit « réduire l’écart entre les 13 écoles reconnues et les très nombreuses autres formations au journalisme recensées en France ».

 

Le niveau d’ensemble sera relevé « autour d’un référentiel qui sera revisité à l’horizon 2012. (…) Les jeunes qui se destinent à la profession pourront ainsi mieux s’orienter dans ce maquis qui compte aujourd’hui un nombre impressionnant de formations et d’établissements très hétérogènes ». La formation continue « fera sans nul doute l’objet de nouvelles rencontres d’ici la seconde Conférence nationale des métiers du journalisme qui se tiendra je l’espère en 2011 ».

 

Le ministre a ajouté que la « contribution budgétaire massive » que l’Etat apporte à la modernisation de la presse ne suffisait pas : l’effort doit aussi porter sur « la revitalisation des forces créatrices dans les rédactions, particulièrement auprès des journalistes qui n’auraient pas suivi de formation initiale au journalisme ».

 

Il a évoqué la proposition de Loïc Hervouët, ancien médiateur de RFI et membre du bureau du Club des médiateurs, d’exiger un « permis de conduire » minimal (ou "passeport professionnel") pour tout nouvel entrant dans la profession  : « Ce serait à mon sens, une excellente occasion de développer des programmes de formation sur l’éthique et la déontologie professionnelle ». Cette idée d´une formation qui durerait entre 50 et 80 heures a été adoptée par la Conference.

 

Une première réunion aura lieu le 8 novembre avec tous les partenaires concernés pour réfléchir à la fois sur une harmonisation des référentiels des deux parties (profession et ministère) et sur l´idée du permis de conduire journalistique.

 

>> Le communiqué de la Conférence nationale des métiers du journalisme.

 

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