Débat

Religions et société : fuir, guerroyer ou discuter

La tension entre ceux qui font allégeance à « Dieu » et ceux qui privilégient les Droits de l’homme ne cesse de croître. Plutôt que de fuir le problème ou de nous entretuer, nous pourrions peut-être discuter. Dans quelles conditions ?

Dans une discussion sur Facebook, un internaute écrit : « L'avenir du monde passe nécessairement par le retrait de certaines prétentions des religions a vouloir diriger la politique et le judiciaire du fait de leur droit divin »

Ce dernier point concentre en effet le conflit entre deux parties du monde, que l’on peut caricaturer aujourd’hui, très grossièrement, en opposant l’Occident (A) et l’islam (B) :

  • D’un côté, les droits de l’homme (DUDH), la liberté, la laïcité, la science ;
  • De l’autre, les valeurs humaines et la science en lien avec la vérité divine (islam ou autre).

A comme B demandent que la partie adverse abandonne ses prétentions et exigent leur retrait en préalable.

A le fait au nom de la DUDH ; B au nom de Dieu.

Pour tous les deux, c’est une question de principe non négociable.

Alors, soit on en reste là, dans l'indifférence ou la guerre, soit on discute.

Si on discute, il faut chercher à comprendre le « sacré » de l’autre !

Le problème est que chaque partie refuse cette démarche et ne voit que les défauts/manques « inacceptables » de la partie adverse, ce qui l’autorise à ses yeux à lui demander de retirer son « sacré ».

Si A voit les excès et crimes commis au nom d’Allah, B voit les dérives et les crimes commis par des pays qui se réclament de la DUDH. A assimile Dieu/Allah avec crimes ; B assimile DUDH avec crimes.

Il faut dépasser ça et pour cela, il faut que A accepte de débattre de la religion et que B accepte de débattre de la DUDH.

Tel est le défi auquel l'Humanité est aujourd'hui confrontée. Saurons-nous le relever ?

Une réflexion au sujet de « Religions et société : fuir, guerroyer ou discuter »

  1. Florent Delassiaz

    Ce point de vue parait simpliste, mais est très intéressant. Cela explique effectivement cette opposition entre ces deux parties du monde ou ces deux cultures. En tant qu’occidental, les Droits de l’homme sont effectivement « sacrés » et ne sont jamais remis en question. J’avais parfois du mal à comprendre pourquoi des gens instruits, cultivés de différents pays musulmans jugeaient l’Occident « débauché » ou trop permissif : ils ont du mal à comprendre que nous laissions la pornographie prendre une telle place ou que nous laissions la presse ou internet afficher des femmes dénudées ou que nous défendions les droits des LGBT. Je comprends maintenant qu’ils ont un point de vue différent du nôtre : pour eux, le sacré, la parole de la Divinité (quelle qu’elle soit) est plus important que la DUDH. ça peut se comprendre si on pense que toute violation de l’harmonie divine risque de faire plus de mal que de bien.
    Il peut être bon, pour un occidental, de tâcher de comprendre ce point de vue et non de crier à l’intolérance dès que les droits de l’homme semblent menacés.
    Comme en toute situation, le dialogue et le désir sincère de comprendre l’autre valent mieux que l’opposition frontale et le fait de tenir ses propres valeurs comme supérieures à celles des autres.
    De plus, si l’on regarde la situation en face, il est vrai que les droits de l’homme peuvent amener des dérives, quand on voit que certains criminels peuvent rester impunis ou que des vies sont détruites par la pornographie ou la permissivité.

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