Rapport Milon (Sénat) « Dérives sectaires » et santé : ce que les journalistes vous cachent

Mes confrères de la «grande» presse se sont empressés de répercuter le discours alarmiste des sénateurs à l’issue de l´enquête qu’ils ont conduite sur "mouvements à caractère sectaire et santé". Discours manichéen se résumant à ceci : les médecines douces, faux-nez des «sectes» et dispensées par des «charlatans», seraient une «grave menace». La réalité est bien plus complexe.

 

 

 

La première chose que les journalistes taisent, c’est que le président de la commission, Alain Milon, est médecin, donc en situation de conflit d’intérêt. Peut-il porter un jugement objectif sur les médecines douces  ?

 

Sauf à considérer la médecine conventionnelle comme parfaite et seule vérité définitive car « scientifiquement établie », toute situation et toute pratique doivent être étudiées au cas par cas, avec rigueur, certes, mais avec modestie et ouverture d’esprit : on a encore tant de choses à apprendre sur l’homme et la nature…

 

Pour la stigmatiser, l’argument le plus fréquemment utilisé par les parlementaires face à une thérapie « concurrente » non reconnue, c’est : « Ce n’est pas une médecine basée sur des preuves scientifiques ».

Un art autant qu’une science

Or, primo, la médecine est au moins autant un art qu’une science. Et quand la science atteint ses limites, elle doit accepter de s’ouvrir à d’autres perspectives et méthodes, mêmes empiriques, et à l’intuition du praticien qui sait s’adapter à la singularité du patient, celui-ci ne pouvant être réduit à un élément de statistique ou de cohorte, ni à un numéro de sécurité sociale.

 

Secundo, plutôt que de crier au charlatanisme comme le font les sénateurs et toute la presse, on pourrait très bien concevoir une forme de reconnaissance de ces disciplines « différentes », grâce à un accompagnement et un encadrement spécifiques à imaginer. Comme cela se fait dans d’autres pays (Allemagne, Suisse, USA…). Comme le prône d’ailleurs le Centre d’action stratégique (CAS, service placé auprès du premier ministre) dont un récent rapport n’a pas eu l’heur de plaire aux sénateurs…

 

Les journalistes n’ont pas non plus fait ressortir l’originalité majeure de la démarche sénatoriale : c’est en effet la première fois, en plusieurs décennies de lutte « antisecte », que les élus ont auditionné aussi les représentants des médecines douces et de la liberté de conscience. C’est d’autant plus remarquable que la principale « bête noire » des militants « antisectes », la scientologie, a été auditionnée 3 fois : directement avec son représentant, indirectement avec le Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie et la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, qui lui sont liées d´une certaine façon…

 

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