Qu’entend-on par « équité » et « honnêteté » de l’information ?

Les termes d’« équité » et d’« honnêteté » de l’information font débat au sein de la profession. Tous les journalistes ne les reconnaissent pas comme critères d´une éthique de l´information. Pourtant, ils sont importants, si l’on pense que journalisme de qualité doit rimer avec impartialité.

 

En effet, l’analyse des différentes chartes existantes (cf. références en fin d’article) nous amène à conclure qu’il est attendu surtout du journaliste un traitement impartial des faits. Ce qui n’empêche pas la prise de position et le libre commentaire. Simplement, dans le traitement des faits, le journaliste doit fournir la preuve qu’il a procédé de façon impartiale, autrement dit de façon équitable et honnête.

 

Équité (par rapport aux personnes)


La première responsabilité du journaliste étant devant le public, son devoir d´équité traduit la nécessité de traiter les faits et situations sans préjugé ni parti pris dans « le respect absolu de ce qui est dû à chacun »  :

- droit à la vérité

- dignité des personnes

- présomption d’innocence

- diversité des opinions

- positions des protagonistes non déformées

- information inexacte rectifiée

- droit de réponse facile.

 

Dans ce cadre, le journaliste  :

- ne met pas en cause, sans information crédible sur les faits allégués, la réputation et l’honneur d’autrui

- évite la distorsion malveillante, la calomnie, la médisance, la diffamation, les accusations sans fondement

- s’engage à ne pas privilégier tel ou tel groupe ou personne, à ne pas nourrir la haine, les discriminations ou les préjugés à l’égard de personnes ou de groupes.

 

Honnêteté (par rapport à soi-même)


Le concept d’honnêteté traduit la nécessité pour le journaliste de faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir le plus haut degré de vérité, de justice et de pertinence de son information.

 

À ce titre, il doit développer la « culture du doute et du contradictoire », être capable de « penser contre lui-même » et se méfier autant de sa méfiance que de sa confiance.

 

- Le journaliste tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles

- n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée (financièrement ou idéologiquement)

- proscrit tout moyen déloyal pour obtenir une information

- dans une controverse, développe avec équilibre les arguments des différentes parties

- ne supprime pas les informations essentielles

- ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- reconnaît la complexité de toute situation et évite le manichéisme.

 

> Il est clair que, à l´usage, aucun article journalistique ne respecte l´ensemble de ces principes. Loin de là, même  ! C´est un idéal, un corpus de valeurs, comme l´est notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité". Mais, dans la pratique, ces valeurs sont attendues par le public qui demande qu´elles soient l´horizon permanent de notre activité. Et que nous démontrions notre vigilance et notre exigence à cet égard.

 

- Charte d’éthique professionnelle des journalistes, SNJ, 1918, 3e version de mars 2011.

- Déclaration de principe de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), 1986.

- La Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, Munich 1971.

- Charte qualité de l’information, Assises internationales du journalisme, Lille 2008,

- Projet de code de déontologie du Comité des sages (Bruno Frappat, octobre 2009).

 

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