Engagé

Pourquoi je critique la « chasse aux sectes » pratiquée en France

Devant l’incompréhension de beaucoup, et notamment de bien de mes confrères, voici une explication de ma lutte pour une information juste sur les « sectes », lutte que, malheureusement, je suis le seul journaliste professionnel en France à mener sur le long terme.

Article Reflets

Amorce de l'article rédigé pour Reflets sur le traitement médiatique des "sectes". Cliquer sur l'image pour voir l'article en entier (publié ici avec l'aimable autorisation du magazine).

La plupart de mes confrères s’interrogent sur mon « obsession » à critiquer la politique gouvernementale et le traitement médiatique envers les « sectes ». L’un d’eux, engagé pourtant comme moi dans le combat pour une meilleure qualité des médias, m’a même dit ceci : « Pour une raison que j’ignore, tu as fait de cette question des sectes, de leur reconnaissance, la colonne vertébrale de tes combats pour l’éthique et la déontologie du journalisme. De la même façon que tu me fais connaître ton jugement sur ma façon d’être sur le sujet, permets-moi de te dire amicalement que tu entaches ainsi ton combat –ce qui ne regarde que toi- mais fragilises aussi les combats collectifs auxquels tu participe dans ce domaine, ce que je ne peux que regretter ».

Ainsi, à ses yeux, non seulement je me fais honte en agissant de la sorte (« tu entaches ton combat »), mais en outre, à cause de cette honte qui rayonne de moi, je « fragilise les combats collectifs auxquels je participe » !

Violation du contrat démocratique

Parce que j’alerte la population sur une violation flagrante et majeure de notre contrat démocratique, parce que je démontre la partialité et le refus de considérer le réel par les pouvoirs publics et les médias, je deviens une honte nationale, en quelque sorte.

Dois-je porter une quelconque étoile au revers de ma veste ?

Si effectivement, mon combat se porte essentiellement sur la problématique « secte » et médecines douces, c’est parce que je suis pour le vivre ensemble, pour l’élaboration d’une fraternité substantielle, lucide, fondée sur des faits avérés et débattus, et non l'émotionnel et l'affichage de bons sentiments. C’est pour cela que je m’oppose à toute discrimination.

Ceux qui me lisent dans Ouvertures savent que je soutiens de nombreuses causes pour le droit à la différence : politique, religieuse, philosophique, sexuelle, thérapeutique, écologique, etc. Et si je mets l’accent sur la question « sectaire », c’est parce que, dans ce domaine, il n’existe AUCUN AUTRE JOURNALISTE en France pour s’y atteler, contrairement aux autres causes qui ont malgré tout des soutiens médiatiques, politiques et gouvernementaux.

Ceux qui se prétendent mes adversaires m’accusent de soutenir les « sectes », un peu comme si j’étais favorable aux nazis ou aux terroristes ! Alors que je ne soutiens aucune « secte ». Je défends simplement, quand on aborde ce sujet sensible qui touche aux libertés fondamentales, l’éthique de l’information, le devoir d’être neutre, le plus objectif possible, d’accueillir honnêtement les faits, d’être à l’écoute des contradictions, etc.

Une campagne de dénigrement pré-orientée

Mon combat est un combat épistémologique et politique. Simplement humain.

J’affirme que depuis des décennies, pour des motifs à priori tout à fait légitimes, sont mises en place, très officiellement, une chasse aux sorcières injustifiable et des campagnes de dénigrement pré-orientées contre des minorités spirituelles et thérapeutiques, voire écologiques, campagnes qui ne s’appuient par sur des faits probants, inventent des dangers (la plupart du temps), qui travestissent des données, construisent des montages pour faire peur, rejettent systématiquement tout débat public équilibré, substituent pour l'occasion, en toute "bonne conscience", la présomption de culpabilité à celle d'innocence, etc.

Bref, qui trichent, soi-disant pour la bonne cause.

Tout cela mériterait une information sérieuse pour déniaiser un public manipulé par les différents pouvoirs. Je suis malheureusement, en France, à part quelques rares exceptions ponctuelles, le seul professionnel des médias à avoir traité ces sujets de façon critique (dans Ouvertures et Débredinoire).

Qui VEUT voir, qu’il consulte mes articles. Je n’y ai rien inventé. Tout y est vérifiable.

Maintenant, je suis à la retraite. Et je ne vois pas de relais à ce combat dans les médias, si ce n’est dans certains titres comme Reflets, qui m’a autorisé à vous communiquer une reproduction de l’article que j’ai rédigé, à titre bénévole, dans son numéro 17.

Mais je lutterai jusqu’à mon dernier souffle pour que l’information retrouve son rôle et sa dignité en abordant TOUS LES SUJETS importants sans parti pris ni préjugé, dialogue avec ses contradicteurs, reconnaisse ses erreurs et respecte (sans forcément partager leur opinion) la sensibilité des hommes et des femmes de ce pays.

2 réflexions au sujet de « Pourquoi je critique la « chasse aux sectes » pratiquée en France »

  1. Roussel

    Voilà une attitude responsable et parfaitement éthique. Derrière le mouvement anti-secte se cache une action subversive promue au départ par les services secret du temps de l’URSS, mieux connue sous l’appellation « Psycho-politique ou l’art de la manipulation mentale » Des données quasiment introuvables et qui disparaissent des listes d’édition au fur et a mesure ou cet ouvrage re-parait. La raison en est relativement simple : Toute recherche sur la santé mentale d’origine religieuse ou psychologique ou médicale et partant les Hommes et ou les mouvements qui la portent doivent être éradiqués ou réduits à rien, par quelque moyen que cela soit. En priorité ceux qui sont les plus efficaces ou qui rassemblent le plus de monde. Vous serez surpris que la seule instance liée à la santé mentale doit être soutenu, selon les directives de la psycho-politique, est la psychiatrie. Note : La mission essentielle de la psycho-politique est de déstabiliser les démocraties, une véritable épine dans le pied de ceux qui trouvent que la dictature est plus commode pour contrôler les masses et diriger le monde. Derrière la chasse aux secte, mot délibérément diabolisé dans l’esprit du public, se cache une volonté de détruire l’un des droits droits de l’Homme le plus fondamental : 2. Tout individu dispose de droits sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue,de croyance ou de religion.

    Répondre
  2. James

    Défendre les « sectes » ce serait comme soutenir les nazis ? défendre les sois-disant « sectes » c’est en réalité tout le contraire !: les nazis voulaient, à l’exemple des groupes antisectes, faire disparaitre les minorités de toutes sortes. Aujourd’hui seule la communauté homosexuelle jouit d’un soutien médiatique, les autres sont mises au ban de la société, sans aucun fondement justifiant cette haine !
    D’un autre côté on ne s’attaque pas aux véritables causes de désordre qui elles nuisent gravement à la société… Cherchez l(es)’erreur(s).

    Répondre

Laisser un commentaire