Penser la liberté après « le hasard et la nécessité »

Penser la liberté après « le hasard et la nécessité »

 

» Le texte complet - JL ML

 

» Logique et contradiction - Edgar Morin

 

Mon intervention aux Ateliers sur la contradiction (ASLC) à l´École nationale supérieure des Mines de Saint-Etienne, du 19 au 21 mars 2009 : comment aujourd´hui penser la liberté humaine ?

 

Les actes du colloque
sont parus aux
Presses des Mines.

Selon notre thèse, la contradiction n’est pas un problème, un mystère ni même une limite, elle est la CONDITION de notre liberté, la MARQUE MÊME de notre humanité. Plus qu’une pierre d’achoppement, comme elle est vue généralement, elle est la pierre de touche nous permettant de rehausser notre pensée, de dépasser le seul côté « objectif », phénoménal, des choses et du monde, pour tenter de les «comprendre», de les prendre en nous. En effet, contrairement à ce qu’une certaine conception scientifique tente de nous faire accroire, le monde n’est pas seulement objet extérieur (objectif), ni forcément sans raison, il est en nous comme nous sommes en lui. L’univers est à la fois «en soi» et «pour nous», comme disent les philosophes.

Jacques Monod écrivait, dans le Hasard et la nécessité (Seuil) : « La nature est objective, et non pas projective, avec son corollaire impératif : le postulat de l’objectivité de la nature implique le refus systématique (souligné dans le texte) de considérer comme pouvant conduire à une connaissance “vraie” toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c’est à dire en terme de “projet” ».

Le célèbre biologiste affirmait même que « la connaissance objective [est] la seule (souligné dans le texte) source de vérité authentique ». Il ajoutait que « cette idée austère et froide [le monde n’a pas de finalité] impose « un ascétique renoncement à toute autre nourriture spirituelle ».

Nous voulons montrer que la contradiction, présente constamment et sous différentes formes dans la science dite objective, nous incite à réviser cette conclusion et à admettre au moins comme hypothèse la possibilité d’une finalité à l’univers. De façon paradoxale (nous sommes bien dans notre sujet !), notre thèse soutient que c’est parce que nous avons une finalité que nous sommes libres. Car la spécificité de l’humain, c’est précisément de déterminer lui-même la finalité qu’il veut bien s’octroyer… dans un cadre à la fois déterministe et dépendant de ses choix.

(...)

 

>> Mon intervention : à écouter sur le site de l´Ecole.

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