Médecines douces : un bon prétexte pour casser de la «secte»

Il y a une telle psychose en France à propos des « sectes » que le pouvoir en voit partout. Son grand fantasme, aujourd’hui, est de débusquer ces méchantes organisations masquées sous couvert de médecines douces.

 

Début janvier, le ministère de la santé a publié sur son site un dossier sur les médecines non conventionnelles dans lequel il dit aux Français qu’ils doivent se méfier de ces approches « non validées scientifiquement » et préférer la médecine classique qui est seule sûre et dont les risques sont maîtrisés (on a pu effectivement vérifier cela avec le Mediator, le Vioxx, l’Accomplia, le Distilbène, le sang contaminé, etc.).

 

Il affirme sans rire dans ce dossier que « si un discours dénigrant la médecine conventionnelle vous a été tenu, il est possible que vous ayez été victime d’une dérive sectaire »...

 

La police de la pensée s’étend donc ouvertement, sous prétexte, bien évidement, de « protéger » les Français des charlatans, intention louable mais ô combien démentie dans son application…

 

Ainsi, voici ce que les organisateurs du salon Bien-être, Médecine douce et Thalasso, qui s’est tenu du 3 au 7 février 2011 à Paris, ont diffusé à leurs exposants  :

 

 

En fait, ce qui me désole, ce n’est pas, bien sûr, les conseils de vigilance aux patients quand ils sont face à ces méthodes « différentes » (ces conseils sont nécessaires), c’est que ces méthodes sont d’emblée diabolisées parce que non validées, alors qu’elles sont aujourd’hui pratiquées d’une façon ou d’une autre par deux tiers des Français, qu’elles sont bien acceptées dans beaucoup d’autres pays, qu’elles allègent le déficit de la Sécurité sociale, qu’elles fonctionnent beaucoup sur le mode de la prévention, qu´elles n´ont jamais fait autant de dégâts (en nombre de morts et d´hospitalisations) que la médecine "officielle", que l’évaluation de ces approches n’est menée ni sereinement ni scientifiquement, etc.

 

D’ailleurs, en vertu de leurs bienfaits (qui font leur succès indéniable auprès de leurs utilisateurs), beaucoup de ces méthodes sont peu à peu récupérées par la médecine académique qui y voit le moyen d’humaniser ses pratiques trop souvent mécaniques et techniciennes.

 

Mais, pour le pouvoir, infiltré non par les sectes mais par les intérêts pharmaceutiques et financiers (suivez mon regard), il y a dans cette évolution une chasse très rentable à garder. Et la Miviludes est là pour ça. En agitant l’épouvantail des « sectes », elle parvient à faire peur à tout le monde, y compris aux journalistes qui jamais ne lui demandent des comptes ni ne vérifient la vérité de ses allégations.

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