Heure de vérité : la justice française se jugera lors de ce procès contre la Scientologie

Très important, ce procès contre l’Eglise de scientologie qui se tient jusqu’à la fin novembre 2011 à Paris. Il s’agira de voir si la justice française est partie prenante de la « lutte contre les sectes », non fondée juridiquement, ou si elle constitue bien une instance indépendante se réglant sur le droit, et non la passion ou la rumeur.

 


Photos : AFP.


 

Les faits  : les deux principales structures de la Scientologie française, le Celebrity Centre et sa librairie SEL, condamnées en première instance à de lourdes amendes pour "escroquerie en bande organisée", et cinq scientologues, qui avaient écopé d´amendes et de prison avec sursis, sont rejugés par la cour d´appel de Paris jusqu´au 1er décembre 2011.

 

D’un côté, un mouvement qui se dit religieux  : « L´Église de Scientologie est une religion qui existe depuis 50 ans dans notre pays. Elle compte des dizaines de milliers de scientologues en France, des millions dans le monde et plus de 9000 églises, missions et groupes sur les 5 continents ».

 

En face, le pouvoir et ses instances de répression des minorités spirituelles, et non les familles, comme le gouvernement et les médias tentent de le faire croire. En effet, il n’y a aucune victime dans ce procès  : le dernier plaignant encore présent au précédent procès s´est depuis désisté.

 

En 2006, après 7 ans d’investigations, le parquet de Paris avait reconnu l’absence de charges à l’encontre de l´Église ou des scientologues dans des réquisitions aux fins de non lieu. Dans un communiqué, l’Église de scientologie remarque  : « Sans l’intervention de l’exécutif et du dispositif mis en place pour influencer les magistrats dans notre pays en ce qui concerne les affaires de minorités religieuses et de conviction, l’affaire aurait dû en rester là ».

 

Protéger le monopole pharmaceutique

 

Demeurent cette fois-ci seulement deux parties civiles  : le Conseil national de l´ordre des pharmaciens et l’Unadfi, association spécialisée dans la lutte contre les sectes.

 

Dès lors, seule la volonté nationale de protéger le monopole pharmaceutique et de contrer de toutes les façons possibles une organisation internationale présentée en France comme une hydre totalitaire permet d´expliquer l’action en justice  !

 

Précisions

 

Dans cet article, vous lirez des informations que peu de médias diffusent, tellement ils soutiennent aveuglément, pour la plupart, la propagande de la Miviludes et de l’Unadfi et leur haine des « sectes ». Ce terme n’est d´ailleurs jamais défini, ce qui permet tous les abus de pouvoir dont les citoyens scientologues ne sont pas les seuls à faire les frais.

 

Je pense utile de préciser que je ne soutiens ni ne combats l’Église de scientologie. Je ne me prononce pas sur sa culpabilité ni son innocence. En revanche, je défends son droit à une justice équitable, ce qui me paraît être bien compromis dans le procès en cours, comme on peut le comprendre en lisant l’article ci-contre. Mais on ne sait jamais. La justice fait parfois montre de sursauts d´indépendance, d’impartialité et de conscience. Attendons donc ses conclusions.

 

Je précise également que j’approuve le principe politique d’une veille sur les "dérives sectaires". Encore faudrait-il au préalable définir ces termes juridiquement. Et que cette veille s´exerce sur toutes les composantes de la société. Y compris sur les familles où l´on compte une femme tuée tous les trois jours par son compagnon, 100 000 viols par an... Et que cette veille ne soit pas menée comme aujourd’hui, de façon arbitraire, non scientifique ni républicaine, jamais contradictoire, essentiellement répressive et sans être contrôlée par personne.

 

Des façons de procéder plus intelligentes et plus respectueuses de la liberté de conscience existent, à l´instar de cette action menée par l´Unicef au Bénin pour que les enfants de parents adeptes du vaudou soient correctement soignés et éduqués...

 

Car l’Unadfi, dans la réalité, ne représente pas les familles. C’est une association financée en quasi totalité par les finances publiques, et non par des adhérents provenant de "victimes" des sectes  : en 2006, sur plus de 600 000 € de subventions, elle n’avait pas dépensé un centime dans son budget "aide aux victimes". Idem en 2007.

 

Sur le site de Cap Lc, on peut consulter la brochure  : « Les fonds publics sont-ils utilisés dans l´intérêt général  ? » On découvre les sommes importantes que reçoit cette association comparées à ce que reçoivent d´autres associations. Par exemple, Fondation Abbé Pierre  : 437 000 € pour 10 972 membres actifs, contre Unadfi  : 622 172 € pour seulement 290 membres actifs !

 

L’Unadfi sert en fait de paravent à la Miviludes, ce qui permet à cette dernière de répandre des rumeurs et d’inciter à la haine des minorités, tout en prétendant, elle, « agir dans le respect des croyances ».

 

Bien qu’ayant été déboutée au premier procès, l’Unadfi s´est représentée. Sa présidente, Catherine Picard, elle-même membre de la Miviludes, a reconnu lors d’un colloque public à Lyon en novembre 2009 que, bien que sachant qu’elle sera déboutée à la fin, elle participerait quand même au procès. Pour la scientologie, « de la part d’une ancienne députée, ce mépris de la justice française est parfaitement déplacé et démontre le militantisme anti-scientologue dont elle fait preuve ». L´Église a d´ailleurs récemment assigné l’Unadfi en justice pour appel abusif.

 

« Seule une aide internationale peut remédier à cette discrimination institutionnalisée »

 

La Miviludes et l’Unadfi ont depuis longtemps développé de multiples actions envers les différents corps constitués, élus locaux, administratifs, magistrats, etc., pour les « sensibiliser à la problématique sectaire ». En réalité, pour diffuser leur seul point de vue négatif, fermé à toute critique et à toute observation contradictoire, et discriminant la nébuleuse spirituelle et thérapeutique. Représentant l’État directement ou indirectement, ils sont dans tous les lieux de pouvoir, à la fois juges et parties. Et pleinement dans ce procès. Ce qui est très ennuyeux.

 

« Aujourd’hui, explique la scientologie dans un communiqué, le dossier étant toujours aussi vide, la Direction des affaires criminelles et des grâces [donc le ministère de la justice] a été jusqu’à publier une circulaire [le 19 septembre 2011, soit juste avant le début du procès] destinée aux magistrats. En plus de leur donner des instructions pour poursuivre avec acharnement certaines minorités religieuses, cette circulaire enjoint ces mêmes magistrats de travailler en partenariat avec l’Unadfi, alors que cette association est la partie opposée à l´Église dans ce procès, jetant ainsi à bas toute possibilité de justice équitable pour les mouvements concernés, dont l´Église de Scientologie. Cette circulaire illégale a fait l’objet d’une plainte [le 10 octobre 2011] devant le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges de l’ONU. Cette ingérence de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire est une pression indue et revendiquée sur les magistrats de Cour d’appel. »

 

Pour le mouvement, seule une aide européenne ou internationale peut aujourd’hui « remédier à [cette] discrimination institutionnalisée ».

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