Gestion de la grippe A : la cécité volontaire du pouvoir et de la presse

Dans un « point de vue » du Monde daté du 13 janvier  dernier et intitulé « Grippe A, gestion de crise et communication », Thierry Saussez, directeur du service d´information du gouvernement, tire le bilan de la gestion de la crise grippale par celui-ci. Un exercice censé analyser de façon rationnelle les décisions du pouvoir et, en premier lieu, celles de notre ministre de la santé. En fait, une belle bûche de langue de bois, un éloge sans pudeur et l’éternel argument de « l’irrationalité » assené aux propos des contestataires.

 

Thierry Saussez

Globalement, tout le texte est une approbation proche de l’applaudissement  : « Depuis le début de cette crise, à l’initiative notamment de Roselyne Bachelot, l’Etat conduit une communication vers l’opinion équilibrée (…) En disant aux Français, d´une part,  qu´il n´y a pas lieu de dramatiser ou de paniquer et, d´autre part, que le gouvernement  est dans son rôle en se préparant à toutes les hypothèses y compris le pire. Il n´y a jamais eu là de catastrophisme. »

 

Sans doute Thierry Saussez était-il parti aux toilettes quand la ministre prophétisait, les sourcils froncés, lors des JT  : « Il va y avoir des morts parce qu’ils ne se seront pas fait vacciner. Il faut voir dans les hôpitaux les enfants souffrir de détresse respiratoire pour comprendre l’intérêt des vaccins », etc.

 

Et il ne suffit pas de dire qu’il n’y a pas eu « catastrophisme » pour masquer la panique qui s’est emparée de la ministre. Une panique certainement  plus motivée par des raisons politiques que sanitaires. Car, avec les 150 000 morts assurées que provoque chaque année le cancer,  elle avait de quoi – et depuis longtemps - se mobiliser pour concevoir un plan préventif de grande ampleur …

 

Autres félicitations du thuriféraire  : « Sur le long terme, on retiendra que, pour la première fois, l´Etat aura géré en situation réelle une crise en s´y étant préparé plusieurs années à l´avance. Comme une pandémie plus grave frappera le monde, un jour ou l´autre, cette expérience sera profitable à la nation ». Alors qu’attend-on pour mettre le paquet sur la prévention du cancer qui frappe déjà et lourdement ?

 

Le problème avec les médecins libéraux, associés très tardivement à la campagne de vaccination  ? Mme Bachelot n’y est pour rien, c’est la faute aux « délais de livraison des vaccins et leur conditionnement », non à l’obstination de la ministre.

 

Et, pour faire bonne figure et sacrifier à la mode du bouc émissaire, Thierry Saussez n’hésite pas à sortir la grosse ficelle du méchant Net et des vilaines sectes qui ont pollué les esprits  : « Enfin, sur le Net, l´incroyable violence du lobby anti-vaccin, les folles rumeurs, la désinformation en provenance d´intérêts masqués et de "sectes", les règlements de comptes qui n´ont rien à voir avec l´intérêt général ont été sous-estimés. C´est un challenge plus général pour l´Etat dans ses relations avec les internautes qui doit nous conduire à plus d´audace et de réactivité. Que chacun prenne la mesure de la tâche : gérer rationnellement une situation dans l´urgence en contenant la part d´irrationnel qu´elle provoque inévitablement ».

 

Classe politique et presse : champions de la défiance

Le gouvernement et les médias, qui demeurent sourds et aveugles face aux contestations exprimées notamment sur le Net, ne pourront pas s´étonner de voir leur cote s´effondrer. Ainsi, le Centre d´étude de la vie politique française (Cevipof) vient de publier son « Baromètre (annuel) de la confiance politique », d´après une étude réalisée par l´institut TNS Sofres auprès d´un échantillon représentatif des Français de plus de 18 ans.

Les résultats sont désastreux : 23 % seulement des personnes interrogées font confiance aux partis politiques, ce qui les place tout au bas de l´échelle. 76 % ne leur font pas confiance.

Pour les médias, le score est à peine meilleur : 27 % des sondés leur font confiance, soit moins bien que pour les banques (37 %). 72 % ne leur font pas confiance.

D´où le succès croissant des divers résistants et désobéissants civils...

 

>> Télécharger l´étude.

 

 

Le grand mot est lâché  : quand on s’oppose à la vérité rationnelle,  autrement dit à la bonne parole gouvernementale,  on est forcément « irrationnel ». Et donc contre « l’intérêt général ».

 

Bien au contraire, pensons-nous, le Net a heureusement permis d’alerter l’opinion sur les contradictions de la politique engagée, sur la précipitation avec laquelle les doses de vaccins ont été préparées et achetées aux laboratoires, sur les « intérêts » (ceux-là même pas masqués) de ces derniers, sur le rôle des experts juges et parties, sur les effets indésirables des vaccins,  sur l’absence d’esprit critique des "grands" médias, etc.

 

Pour couronner le tout, les inévitables ennemies de la Nation que sont les sectes ont failli faire capoter la belle harmonie prophylactique. Alors qu’en fait très rares sont les minorités spirituelles qui refusent la vaccination et que les associations de réfractaires vaccinaux sont essentiellement composées de médecins patentés, non de mystiques illuminés…

 

Mais la secte est bien utile car, dans l’imaginaire des Français, elle est l’exemple type de la communauté irrationnelle. Pas besoin, donc, de tenir compte des critiques envers les vaccinations, d´où qu´elles viennent :  elles proviennent de gens qui n’ont pas toute leur raison…

Laisser un commentaire