Des démarches éthiques dans la presse ? Si, si, ça existe !

Les initiatives prises par les médias pour assurer un traitement éthique de l’information sont rares, limitées et généralement peu formalisées. Elles font heureusement l’objet d’une recension non exhaustive mais très instructive réalisée par l’Alliance internationale des journalistes. Extraits.

 


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Code, charte  ?

 

Dans leur grande majorité, les journaux et chaînes de télévision recensés possèdent un texte interne de référence (code, charte, livre de style…). Préconisations généralistes, précisions très pratiques ou principes rigoureux, les contenus en sont très variés et abordent des sujets plus ou moins nombreux. Les changements d’actionnaires ou de formules ont souvent été l’occasion de leurs mises à jour.

Le plus souvent, ces documents ne sont pas accessibles au public et restent mal connus des journalistes eux-mêmes.

Mentions spéciales à Ouest-France qui à partir de sa « Charte des faits divers » (1990) a développé un outil normatif sous forme de classeur thématique, à France Télévisions et à la BBC qui ont mis en ligne leur charte et à France 24 qui a annexé la sienne aux contrats de travail.

 

Application de ces codes et chartes  ?

 

Si la plupart des journaux se sont dotés de normes internes, ils ont souvent laissé de côté la procédure par laquelle leur application peut être vérifiée. Cette vérification se fait généralement de manière informelle, en faisant référence à la « culture maison ». Une vigilance collective suffirait donc à ce que les règles - acceptées par la direction comme par les journalistes – soient respectées.

Quatre exceptions notables  : le « conseil de la rédaction » composé de membres de la direction et de journalistes de La Voix du Nord se réunit tous les 2 mois, le « comité d’évaluation éditoriale » du brésilien O Estado de S. Paulo donne une note hebdomadaire au journal, les deux « comités d’éthique et de déontologie » du Monde ou encore le « comité de déontologie » de la RTBF peuvent émettre des avis.

 

Recherche et rectification des erreurs  ?

 

Aux États-Unis et au Japon, des rédactions se sont dotées de journalistes spécialisés dans la vérification des informations et de leurs sources, les « fact-checkers ». Ils traquent les fautes, les inexactitudes, rappellent les interlocuteurs pour vérifier une citation…

Parmi les médias recensés, aucun ne possède de procédure de recherche systématique d’erreurs, ni a priori ni a posteriori.

Toutefois dans toutes les chaînes de télévision, les reportages sont visionnés avant la diffusion (au moins 4 fois à TF1), dans tous les journaux les articles sont systématiquement relus (entre 3 et 4 fois au quotidien Le Monde).

A La Vanguardia espagnole, le médiateur peut intervenir de son propre chef si un journaliste a commis une erreur importante.

 

Résistances aux pressions  ?

 

Tous les médias de presse écrite recensés affirment résister aux éventuelles pressions économiques et / ou politiques, sans jamais recourir à aucun dispositif ou procédure formel.

Ouest-France annonce des « réponses graduées » pour soutenir ses correspondants locaux, des non-professionnels qui sont sans doute les plus exposés. Le directeur départemental et les chefs d’agence se placent en première ligne pour défendre l’indépendance rédactionnelle, les rédacteurs en chef de la Direction Générale n’interviennent qu’en dernier recours.

Une démarche - beaucoup plus incisive - est menée par La Vanguardia qui à plusieurs reprises a dénoncé dans ses colonnes une tentative de pression.

Les chaînes belge RTBF et suisse RTS peuvent les évoquer à l’antenne.

O Estado de S. Paulo n’hésite pas à porter ces affaires devant la justice brésilienne.

 

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