Etrange

Comment je me suis intéressé aux «pranistes», ces personnes qui disent ne plus manger

Au travers de plusieurs articles publiés sur Ouvertures, j’ai exploré le respirianisme, une pratique alimentaire qui exclut toute nourriture solide pour la remplacer par le « prana », terme sanskrit signifiant « souffle vital respirant » imprégnant tout l’Univers.

Henri Monfort, en mars 2018, dans la région nantaise. Photo : J-L M-L.

 Cliquer sur l’image pour écouter la seconde interview que je viens de réaliser de Henri Monfort.

La plupart des « respiriens », ou « pranistes », qui auraient abandonné toute aliment solide, boivent de l’eau. Certains prétendent aussi avoir éliminé ce liquide.

Ils disent retirer de cette attitude un grand bien être tout en conservant une énergie physique et mentale à toute épreuve. Leurs journées se voient allongées considérablement par l’abandon du temps passé à faire des courses, s’attabler, faire la vaisselle, aller aux toilettes, etc. Sans compter que la période de sommeil nécessaire au « rechargement des batteries » s’amenuiserait. Bref, les respiriens vivraient quasiment deux journées en une !

Bien évidemment, cela paraît impossible. Ce ne peut être qu’un bobard, un attrape-nigaud. Les autorités parlent même de « dérive sectaire ».

Selon une croyance répandue (la "règle de trois"), aucun être humain ne peut survivre plus de 3 minutes sans oxygène, plus de 3 jours sans eau et plus de 3 semaines sans nourriture. Je n’ai pas réussi à obtenir de chiffres validés scientifiquement sur ce sujet. Le site Maxisciences évoque des records extrêmes, controversés, de 22 minutes sans respirer (avec apport préalable d’oxygène pur), 18 jours sans boire, 75 jours sans manger et 11 jours sans dormir.

L’Histoire relate différents cas d’inédie, mot latin pour absence d´alimentation. Voir tous les articles parus dans Ouvertures à ce sujet.

De nos jours, l’engouement pour le jeûne, avec notamment les stages de 21 jours, est perceptible chez nombre de personnes attirées par la santé naturelle, l’écologie ou la spiritualité.

Jasmuheen.

Personnellement, après avoir interviewé une première fois en 2010 Henri Monfort, le pionnier français du respirianisme, et rencontré Jasmuheen, la star mondiale du prana, j’ai voulu tester la chose.

J’ai alors passé quarante jours sans ingérer d’aliment solide à l’exception de trois repas au milieu de la période.

Ce fut une belle expérience durant laquelle je n’ai jamais senti de « baisse de régime », bien que j’eusse conservé une activité tout à fait normale, intellectuelle comme physique. Bien au contraire, j’ai éprouvé une vivacité d’esprit inaccoutumée et un plaisir d’exister accru. J’ai arrêté l’expérience parce que mon indice de masse corporelle avait atteint sa ligne inférieure et que je m’étais réveillé un matin avec la tête qui tournait.

Et puis, incapable de trancher si cette pratique (arrêter totalement de manger du solide) était possible, je m’en suis quelque peu désintéressé.

Jusqu’au jour où, au début de cette année, une femme m’a appelé au téléphone. Elle avait vu mes articles sur internet et m’appelait en quelque sorte à l’aide. Car depuis six mois, elle se trouverait dans l’incapacité de manger, de boire et de dormir ! Employée d’hôpital, cette situation la perturbait beaucoup, la faisant passer, dans son entourage familial et professionnel, pour une malade. Quand j’ai proposé d’aller la voir, sa fille s’est opposée à notre rencontre. Depuis, je n’ai plus de nouvelle.

Mais j’étais relancé ! Là, il ne s’agissait pas d’une personne entamant une démarche volontaire. Certains « pranistes » ont utilisé leur situation pour faire des conférences, des livres, des formations, etc. On pouvait toujours soupçonner l’exploitation d’un « intérêt » derrière la démarche.
Là, la dame subissait douloureusement cet état et parlait de se suicider.
Du coup, j’ai repris contact avec Henri Monfort dont vous pouvez lire aujourd’hui la seconde interview toute récente. Et je reste attentif à cet engouement qui commence de plus en plus à faire parler de lui.

> Je reste perplexe quant à la possibilité du respirianisme. Mais je suis très intrigué par le phénomène. Et, malgré mon scepticisme, je garde ouvert une fenêtre sur tout ce qui peut paraître hors norme, l’existence même de l’Univers étant déjà pour moi un incroyable miracle.

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Comment je me suis intéressé aux «pranistes», ces personnes qui disent ne plus manger »

  1. Pipote

    Si je comprends bien, si Dieu nous a fait avec un estomac, c’est pour ne pas s’en servir ….
    C’est comme le cerveau de telles personnes, ça ne sert à rien !

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    1. Jean-Luc Martin-Lagardette Auteur de l’article

      C’est vrai qu’avoir un cerveau n’implique pas forcément qu’il soit utilisé ! Car on peut aussi penser que Dieu nous a donné un corps comme base pour notre liberté.
      Je peux ainsi choisir – rien d’obligatoire ! – d’élargir ma conscience, d’apprendre à vivre sans mon corps en tant qu’esprit dès cette Terre, en préparation de la vie après la vie dans laquelle je n’aurais plus mon corps.

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